LobAcción » Alexandre et Adrien

Alexandre et Adrien

Ce témoignage est en fait celui de deux rencontres: celles de mes deux fils Alexandre et Adrien. Alexandre a maintenant trois ans et l’accouchement est loin d’être le meilleur moment de ma vie, comme on peut souvent l’entendre. Il est né prématuré. Avant le jour de sa naissance, le travail a duré trois jours, aucune dilatation au rendez vous… Ce que j’ai trouvé difficile, c’est que cette douleur ne servait à rien car elle ne permettait pas de faire avancer les choses, j’avais l’impression que j’allais rester là pendant des semaines à souffrir avant d’être dilatée. Rien ne m’a soulagé et cette souffrance était considérée comme “normale” par le personnel médical, un comble quand on voit tout le tralala que l’on nous fait avec la prise en charge de la douleur aujourd’hui. Pendant ce temps là, Alexandre souffrait aussi… Le rythme cardiaque n’était pas bon, c’est un sentiment assez horrible de savoir qu’à l’intérieur de vous, votre enfant souffre déjà… Bref, il est sorti par forceps alors que je n’étais pas encore à dilatation complète. Il est parti une heure sans que nous ayons eu aucune nouvelle. Le lien affectif en a beaucoup pâti, comment construire une relation maternelle avec un bébé absent puis en néonat? Aujourd’hui, trois ans plus tard, tout va bien mais les premiers pas ont été semés d’embûche.

Adrien a trois mois. J’ai beaucoup investi dans la préparation à l’accouchement (sage-femme libéral, yoga prénatal, sophrologie, acupuncture…) pour dépasser mes craintes et devenir enfin “maîtresse” de la situation. Le mental était excellent, les contractions bien gérées mais encore une fois le bébé souffrait trop donc il est né par césarienne. Une expérience très bizarre “ne vous inquiétez pas, c’est comme chez le dentiste vous sentez tout mais n’avez pas mal”… Lorsque votre intégrité physique est mise à mal, que vous vous sentez charcutée et que l’on vous demande de vous reposer tout en assurant votre rôle de mère à 100 %, ce n’est pas évident du tout! Trois mois plus tard, tout va très bien!

Tout va très bien bien sûr mais grâce à mon mari, au personnel médical qui fait comme il peut avec les moyens qu’il a et grâce à mes fils qui me remplissent de bonheur.